Mercredi 30 juillet 2008 3 30 /07 /Juil /2008 09:44

Aral est une ville dont on a entendu parler depuis très longtemps à cause de l’assèchement de la mer d’Aral par les soviets. On voulait vraiment voir ce à quoi cela pouvait ressembler en vrai. On a donc visité le port de la ville, avec ses quais abandonnés où trônent les grues et les bateaux rouillés. De la mer il ne reste plus qu’un petit plan d’eau dans le port.


La mer s’est retirée a 70 kilomètres, et des sommes considérables ont été dépensées pour essayer de maintenir ce qu’il en reste. Aujourd’hui la mer est scindée en deux, et la partie nord, la petite Aral, regagne de son volume grâce a la construction d’une digue, pendant que la partie sud est condamnée a une lente évaporation.
Dans ce décor digne de Counter Strike nous nous sommes régalés ornithologiquement. Parmi les dix espèces de limicoles présentes se trouvaient des centaines de phalaropes a bec étroit, et notre première bargette de Terek entre autres. Rajoutez a cela guifettes leucoptères, goélands railleurs, grèbe esclavon et ça fait un tableau pas mal du tout.

Nous avons rencontré en ville Marhabat, étudiante brillante, qui nous a invité dans sa famille pour la nuit. Avec elle on a eu l’occasion de visiter le musée de la ville, ça nous a change. Encore une super famille avec qui on a partagé de très bons moments. Marhabat est une personne très ouverte sur le monde, avec qui on a discuté facilement de sujets qui sont plus sensibles que d'autres, comme l'athéisme par exemple. Elle accueille chez ses parents beaucoup de touristes, et ça lui donne des ailes.


Nous n’avons pas été voir la mer, faute de temps et faute aux 80 km de piste qui nous séparaient d’elles, ce sera pour une autre fois.

Nous avons donc repris la route (enfin de l’asphalte) pour rejoindre la ville de Kyzylorda, où nous espérions rencontrer une famille dont nous avions le contact.
Pendant le trajet nous avons pu observer une colonie de vanneaux a queue blanche dans une zone humide, et dans les déserts nos premières fauvettes naines, ainsi que des groupes de milliers de gangas catas. Depuis notre entrée au Kazakhstan, un des oiseaux que l’on croise le plus souvent est le bruant à tête rousse. Notre route a rejoint le cours du Syr Daria, où nous avons apprécié faire trempette un après-midi, et se reposer a l'ombre d'arbres où se baladaient les hypolaïs ramas.

Vanneau a queue blanche


Bruant à tête rousse (femelle)

bruant-tr

A notre arrivée à Kyzylorda nous avons été surpris par la chaleur qui a encore monté d'un cran. Le thermomètre dépasse les 50 degrés ici. Dur dur...
Notre mission, une fois arrivés en ville, a été de trouver Uljhan. C'est une femme kazakhe, mariée a Rémi, un français que Nory a rencontré et grâce à qui nous avons le contact. Pour la rejoindre nous nous sommes rendus devant un magasin près de chez elle, et comme d'habitude beaucoup de personnes nous ont accostés. Une bande de 7 ou 8 enfants de 6 à 12 ans sont venus nous parler, ils hallucinaient de voir deux touristes (le touriste est rare ici), a vélo, faire des milliers de kilomètres et baragouinant le russe. Après 10 minutes de discussion ils se sont cotisés pour nous offrir un billet de 200 Tenge (un peu plus d'un euro, l'équivalent de deux pains ici) pour nous aider dans notre voyage. Incroyable, impossible de refuser en plus. On avait trop honte, on dépouille des gamins...

Uljhan est ensuite arrivée et nous a invités chez elle. Son frère Joldas nous a pris en main pour la soirée, quelques détails de notre dure (sur)vie au prochain épisode.

Par les cyclopotos
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