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la galère d'Odessa...

10 Juin 2008, 12:52pm

Publié par les cyclopotos

Voilà un petit récapitulatif journalier des différents évènements depuis notre arrivée en ville, ça commence à faire beaucoup :


jeudi 05 juin
arrivée à Odessa vers midi, on cherche l'hôtel Пассаж, bon marché il paraît. La ville est grande et on commence a chercher notre chemin quand un petit vieux sur un vélo pas tout jeune non plus nous y conduit a travers un dédale de rues.

vue d'Odessa

odessa 
on arrive à l'hôtel, 40 euros la chambre double avec douche froide, 20 euros la double sans douche. on se lavera au lavabo... on met une demi-heure à rentrer dans l'hôtel, la sécurité ne veut pas laisser entrer mon vélo car il a une remorque ! Ils palabrent entre eux tout ce temps, on attend pendant qu'ils règlent ce problème inexistant. Finalement je peux rentrer et prendre la remorque dans notre chambre.
milieu d'après-midi, on part vers le consulat russe. On arrive sur place prêts a découvrir la mythique administration russe, et on nous apprend que le consulat a déménagé vers le sud de la ville. Notre guide Lonely Planet n'est plus à jour. On prend le tram pour s'y rendre et constater qu'il est fermé les jeudis. On reviendra demain à la première heure.
Il est 17h30, on en profite pour faire les touristes et se rendre a Arkadia à deux pas du consulat, haut-lieu touristique, et fierté locale. Premier contrôle de police sur la route, pas de problème. Nous ne sommes pas plagistes dans l'âme, voir cette plage étroite coincée entre la mer et d'immenses bâtiments qui la grignotent ne nous transcende pas. Sur la plage c'est m'as-tu-vu a fond. Retour a l'hôtel.

plageodessa

vendredi 06 juin

on est à 9h00 devant le consulat, la queue est déjà longue. après 3 heures d'attente à un guichet, on saute sur le consul alors que nos allions enfin passer. Celui-ci, après un échange assez court en russe pendant lequel nous ne comprenons rien, nous laisse. 10 minutes plus tard arrive un diplomate parlant français. Il nous explique quels papiers apporter pour obtenir le visa de transit russe, il nous manque le billet de train entre l'Ukraine et le Kazakhstan.
On rentre à l'hôtel, deuxième contrôle de passeports par la police.
On passe l'après-midi à la gare, pour acheter nos billets. Il y a un guichet international, super ! Ils n'y parlent pas anglais. "On voudrait des billets Ukraine-Kazakhstan" la bonne femme répond "Niet". "On voudrait des billets Ukraine-Russie". "Niet". Après un bon moment à leur prendre la tête : "On voudrait des billets Ukraine-Russie" "Da". Puis "On voudrait des billets Ukraine-Kazakhstan", "Da"... On nous propose donc un train passant par Moscou qui redescend au Kazakhstan. Faire le tour du monde dans l'autre sens pour rejoindre le Kazakhstan serait presque plus court... On part de là avec l'idée en tête de partir pour Volgograd en Russie en train, et d'acheter un billet pour le Kazakhstan sur place, faut juste demander au consulat si c'est faisable. Ça nous éviterait le détour par Moscou.

la gare, qu'on n'oubliera pas de si tôt


gare 
On rentre à l'hôtel, on doit attendre lundi, le consulat est fermé le week-end.
Tour sur le net pour trouver quelqu'un qui puisse nous héberger gratuitement via le site couchsurfing. On rentre en contact avec Misha.

samedi 07 juin

Sur le net la veille on a trouvé un train qui serait idéal pour nous, entre Volgograd et le Kazakhstan. On repart donc le matin à la gare pour acheter ces billets, pleins d'espoir. "Niet". Ils ont le train sur leurs écrans, mais ne peuvent pas nous vendre de places, sous prétexte que le train part de Russie pour arriver au KZ, et faire cela d'Ukraine n'est pas possible.
On rentre à l'hôtel pour le quitter avant midi et rejoindre l'hébergement proposé par Misha. Troisième contrôle de passeports par la police. Cette fois, ça ne passe pas. Ils nous font monter dans leur voiture direction le poste de police. Ils nous expliquent qu'ils vont nous expulser vers la France. Sur nos passeports le garde à la frontière nous a fait inscrire transit car nous allions au KZ, l'Ukraine n'étant pour nous qu'un transit. Les policiers zélés nous expliquent que le transit doit être effectué en trois jours, et qu'on est présents sur le territoire ukrainien depuis 6 jours. Ils nous conduisent dans une petite rue isolée, et nous font entrer par une porte dans un poste de police qui ne ressemble pas du tout a un poste de police. On est très tendus. On nous dirige dans un bureau ou ils expliquent la situation à un officier. Celui-ci se rend compte du malentendu, et explique à ses collègues qu'on a le droit à 3 mois de séjour sans visa en tant que touristes français. Ça les embête de nous laisser repartir comme ça, ils nous demandent si on se drogue, nous font vider nos poches puis nous fouillent. Ils examinent minutieusement tous nos biens. J'avais un vieux rouleau de PQ sur moi, on jubile intérieurement à voir le flic le regarder sous toutes les coutures. On reprend tout, ils se regardent entre eux et rigolent, l'un d'eux dit "présent" a son officier, ils hésitent puis sortent fumer une clope. Ils nous disent que leur collègue qui reste avec nous dans le bureau va nous rédiger un papier qu'on devra signer, puis qu'on pourra s'en aller. Ledit collègue, tête de méchant, en uniforme et claquettes de plage, est assis derrière un ordi portable à pianoter. Le temps passe, on attend. On se rend compte par la suite qu'il est en train de jouer a un jeu vidéo de pêche... Les fumeurs reviennent après avoir débattu sur le fait d'essayer de nous soutirer de l'argent ou pas, et nous annoncent tout sourire qu'on peut partir. Ils nous souhaitent bonne chance et nous impriment même un plan pour rentrer à l'hôtel. Du délire de A a Z.
Heureusement on arrive juste à temps a l'hôtel pour réunir nos affaires et partir. Nory se pose sur une pelouse devant l'hôtel pendant que je vais troquer ma coupe de cheveux "Robinson" contre une coupe "soviétique".

coupe 
Je retrouve Nory sur la pelouse une demi-heure plus tard, en compagnie d'un ukrainien super sympa parlant anglais. Il nous offre une bière, et on discute de la vie en Ukraine. Vitalic nous propose de nous accompagner jusque chez Misha, pour éviter que l'on se perde. On débarque donc chez Misha, près d'Arkadia, dans une villa qui est un vrai petit palais. Escaliers en marbre, chambre perso, piscine intérieure... Le personnage est assez mystérieux, 28 ans, très discret. On apprécie vraiment son hospitalité.
Fin de journée sur la plage avec Vitalic à refaire le monde. Nory goûte au bain en Mer Noire. Vitalic a du mal à nous quitter, personne ne l'attend chez lui si ce n'est sa télé et une bière. Situation pas évidente a gérer chez Misha. On a beaucoup apprécié sa compagnie, c'est notre grand frère ukrainien.

vit

dimanche 08 juin

On retourne à la gare, car la veille au soir, Misha, véritable as de l'informatique, nous a dégoté en 5 minutes un train direct entre l'Ukraine et le KZ que les morues du guichet international n'ont jamais voulu trouver. Il leur faut 5 minutes cette fois pour nous sortir le billet. On a fait un grand pas vers le visa.

billets 

lundi 09 juin

On est avant 9 heures au consulat russe, la queue est longue. Le consul écrème tout ça et on se retrouve très rapidement au guichet. Une dame prend nos documents et nous demande de nous asseoir et d'attendre. Le diplomate parlant français vient nous voir et nous demande quelques détails sur notre trajet. Il revient plus tard et nous annonce qu'ils ne sont pas en mesure de nous délivrer de visa de transit. "Faites le a Paris." 5 minutes plus tard il nous dit qu'on peut essayer à Kiev. C'est notre dernière chance, donc on se renseigne sur les moyens de nous y rendre. Une polonaise hébergée comme nous chez Misha nous met en contact avec Alex, à Kiev, qui se renseigne pour nous. En train il faut 11 heures, en bus 5 heures mais c'est plus cher. Après le match France-Roumanie on file à la gare acheter des billets pour le train de nuit du lendemain, "Niet" répond la nouvelle hôtesse. On repart sans.

mardi 10 juin

On repart à la gare, cette fois c'est bon, on a des billets pour un autre train qui part le jour même en fin de journée. On arrivera demain matin à Kiev. C'est loin d'être gagné pour le visa, et on commence à perdre la foi. On moisit depuis 5 jours dans cette ville, et plus le temps qui nous sépare de notre entrée au Kazakhstan avance, plus celui-ci s'éloigne. Heureusement qu'on a chez Misha un petit havre de paix où on peut s'eloigner quelques temps de toutes ces galères. Prochains épisodes à Kiev.

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Leo 20/06/2008 16:40

Salut les mecs c'est Leo d'Odessa.
Je guette votre blog pourvoir ou vous en etes avec les visas, apparement pas loin.C'est pas pour rien que j'ai fait demi tour.
Sinon j'imagine que vous avez du escalader le portail de micha qui etait partit pour la semaine, sympa.
C'est ca l'aventure, on sait jamais quelle galere va nous arriver.
Bon courage quand meme
Allez bon courage

Matthieu VASLIN 19/06/2008 12:20

Vous en aviez cauchemardé, l'administration Russe l'a fait !! Bienvenu malheureusement dans le bordel administratif Ruscof !! Soyez patients, super patients, car malheureusement pour l'instant vous n'avez pas eu a trop attendre pour le consulat... A Kiev ça risque d'être moins drôle !! Préparez bien vos certificats d'Assurance et tout le bazarre !
Gardez le fight surtout...
Math

di stasio 18/06/2008 22:43

Déjà plus d'une semaine sans nouvelles. C'est voulu ce suspense? Attendons avec impatience et un peu d'anxiété la suite... Bon courage.

Marek 16/06/2008 18:26

Salut Simon,

Désolé de ne pas avoir donné de nouvelles plus tôt mais j'avais pas trop de temps.

Et puis, te voir en photo avec une youle et un t-shirt vert made in PNM, ça rappelle des souvenirs !

Bravo pour le début du trajet et bon courage pour la suite !

Marek du pryt !

aaa 12/06/2008 14:10

Aller courage, ne baissez pas les bras, c'est tellement de belles histoires, gardez le moral...