Mardi 9 septembre 2008 2 09 /09 /Sep /2008 19:25

Aventuriers français, volés par deux bergers

deux françaisont vécu l'aventure de leur vie après avoir été volés en Roumanie. Près d'un village de Constanta ils se sont retrouvés sans leurs vélos, le seul moyen de transport de ces étrangers.

 

Simon Frédéric et Nory El Ksabi sont deux aventuriers de France qui ont traversé l’Europe à… vélo, avec pour but le Kazakhstan. Jeudi après-midi, ils étaient à environ deux kilomètres du village de Tibrinu, ont installé leur tente dans un champ vide, garé les vélos d'une valeur de 2000 euros, et sont allés dormir. Quand ils se sont réveillés ils se sont rendus compte que leurs vélos, leur seul moyen de transport, avaient disparu. Effrayés, sans savoir vers où aller pour se rendre au poste de police le plus proche, ils sont allés où leurs pas les guidaient, espérant trouver quelqu'un qui puisse les aider. Ils étaient à environ 10 kilomètres de Cernavoda, et cela leur aurait pris quelques bonnes heures pour se rendre au poste de police. Heureusement pour eux, ils ont rencontré un homme qui vérifiait les lignes électriques et les a pris dans sa Jeep, pour aller à Cernavoda. Fatigués, mais contents de voir l'uniforme de la police, les aventuriers ont raconté leur mésaventure. Après environ 4 heures, les policiers ont retrouvé les voleurs, deux bergers travaillant dans une bergerie proche. Iulian Tudor F., 14 ans, et Fanel Marcel Sibane, 18 ans, tous les deux du village de Seimenii Mici sont les auteurs du méfait, un dossier pénal est monté à leurs noms. Les deux bergers disaient vouloir revendre les vélos.

 

Olimpia CEARA
Par les cyclopotos
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Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /Sep /2008 21:39

Petite surprise, trouvée par Ameline en fouinant sur le net : un article paru dans un quotidien régional roumain suite au vol des vélos ! On avait eu la télé, on a aussi eu le droit à la presse écrite ! J'y ai été rebaptisé par mon deuxième prénom, et ils donnent même les noms et âge des voleurs. Ca a l'air d'être de la presse de haut vol, la traduction devrait arriver d'ici quelques jours...


dans le ZIUA de Constanta :

Speologi francezi, jefuiti de doi ciobani
 
-- Doi francezi au trait aventura vietii lor dupa ce au fost jefuiti in Romania. In apropierea unui sat din Constanta, cei doi au ramas fara biciclete, singurul mijloc de transport al strainilor.
Simon Frederic si Nory El Ksabi sunt doi speologi francezi care au luat Europa la ... pedala, intentionand sa ajunga, pe biciclete, pana in Kazahstan. Marti dupa-amiaza au ajuns undeva la doi kilometri de satul Tibrinu, au pus cortul in plin camp, au parcat bicicletele, in valoare de 2.000 de euro, alaturi, si au tras un pui de somn. Cand s-au trezit au remarcat ca bicicletele, singurul lor mijloc de transport, disparusera. Straini, nestiind incotro este cel mai apropiat post de politie, au apucat intr-o directie oarecare, sperand ca vor gasi pe cineva care sa-i ajute. De mentionat ca se aflau la aproximativ 10 km de Cernavoda si le-ar fi luat cateva ore bune pana ar fi ajuns la politia din localitate. Spre norocul lor, au fost gasiti de un individ care verifica linia electrica si care i-a urcat in Jeep, transportandu-i la Cernavoda. Plini de scaieti, dar bucurosi ca vad uniforma oamenilor legii, speologii au povestit patania. La aproximativ 4 ore de la comiterea faptei, politistii au reusit sa dea de urma hotilor, doi ciobani care lucrau la o stana din apropiere. Iulian Tudor F, de 14 ani, si Fanel Marcel Sibane de 18 ani, amandoi din Seimenii Mici, sunt autorii faptei, pe numele lor fiind intocmit dosar penal. Cei doi au declarat ca intentionau sa vanda bicicletele.
Olimpia CEARA


le lien : http://www.ziuact.ro/display.php?data=2008-05-22&id=232034

Par les cyclopotos
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Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /Sep /2008 18:07
- durée du voyage : 123 jours, du 29 avril au 29 aout
- nombre d'espèces d'oiseaux : 272
- kilomètres parcourus : 5300 à vélo, XXXX en train (calcul en cours), 1000 en stop
- nombre de pays traversés : 6 (Hongrie, Roumanie, Moldavie, Ukraine, Russie, Kazakhstan)
- problèmes techniques :
4 crevaisons (2 pour chacun)
2 roues arrières changées (Nory)
1 pneu arrière changé (Nory)
10 rayons cassés, tous sur les roues arrières, et 7 en un coup ! (8 pour Nory et 2 pour Simon)
1 dérailleur qui ne déraille plus (Simon)
1 pédalier tordu (Simon, merci les voleurs)
1 vol
- record de vitesse : 72,3 km/h dans une belle descente roumaine
- record de distance en une journée : 131 km
- 5 gamelles, 3 pour Nory et 2 pour Simon, 1 bonne chacun
- 18 contrôles de passeports (calcul exact en cours)
- 2 arrestations, en Ukraine (1 pour nous deux, une pour Simon)
- 8 langues utilisées, dont 4 apprises sur le tas (hongrois, roumain, russe et kazakh)
- nombre de téléphones portables sur lesquels on peut nous trouver en photo : entre 100 et 150
- nombre de nuits en discothèque : 4
- au moins 10 propositions de mariage chacun
- record du nombre de jours sans prendre de douche : 12
- nombre de nationalités que l'on nous a données : au moins 8 (français, brésiliens, arabes, ouzbeks, kazakhs, américains, italiens, mexicains...)
- nombre de personnes rencontrées : des centaines
- nombre de sourires déclenchés : des milliers

La distinction du commentateur d'or revient à l'ami Bourlux pour son assiduité et ses commentaires assez énormes (et encore, on n'a pas vu sa ...). Un grand merci à tous ceux qui nous ont aidé à préparer le voyage, à tous ceux qui nous ont aidé pendant le voyage, et à tous ceux qui nous ont suivi à travers le blog ou les mails. Merci pour vos commentaires, ils nous ont tellement fait plaisir.
Pour tous ceux qui voudraient en savoir plus, il suffit de nous inviter à boire un coup ou à manger chez vous. Ce sera dur de nous avoir en même temps, mais on connaît l'histoire aussi bien l'un que l'autre !

nos mails (remplacer  at  par @) :
simon.cavailles at laposte.net           noryek at voila.fr


Les Cyclopotos vous saluent !!!


Par les cyclopotos
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Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /Sep /2008 11:53

Après quelques jours de préparation nous avons décidé d'attaquer la montagne à vélo, pour nous rendre au superbe lac Bolshoe Almatinskoe. C'est un super site au niveau paysager, et bien sûr au niveau ornitho, situé à quelques kilomètres du Kirghizistan. Pour ça on a ressorti les vélos, et on s'est tapé un bon 30 kilomètres d'ascension depuis Almaty. Certaines portions de pistes étaient vraiment difficiles, mais on l'a fait et on n'était pas peu fiers d'arriver au lac, à 2500 mètres d'altitude.



L'avifaune a radicalement changé depuis que nous avons quitté la steppe. Lors de notre pause pique-nique quand nous étions encore à une altitude moyenne nous avons observé nos premiers bruants de Godlewski, en compagnie des nombreux chardonnerets à tête grise et des omniprésents pouillots verdâtres.

Bruant de Godlewski


A quelques kilomètres du lac se trouve un observatoire astronomique à partir duquel nous nous sommes baladés dans les forêts de conifères, les pierriers et les zones de genévriers. Ces zones sont très riches et nous nous sommes rincés les yeux avec les accenteurs à gorge noire, le très commun et remuant pouillot de Hume, le grosbec à ailes blanches, le rougequeue d'Eversmann (pas vu de mâle...), la fauvette de Hume, l'exotique pseudoroitelet de la Reine Sophie... et quelques oiseaux que l'on retrouve chez nous, comme le cassenoix moucheté, le bruant ortolan, le faucon émerillon ou le monticole de roche.

Faucon émerillon


Monticole de roche


Sur le lac niche une espèce mythique pour les ornithos, le Bec-d'Ibis tibétain. Ce limicole atypique se reproduit dans l'embouchure du lac où nous avons pu l'observer. Voilà une photo souvenir de l'oiseau :


A la fin de notre ascension à vélo, nous avons voulu acheter de quoi manger pour les jours qui venaient. Sur l'indication de différentes personnes nous nous sommes rendus dans le hameau près du lac. Pas de bol, y'avait que de la bière et de la vodka à vendre... Pendant qu'on essayait d'imaginer comment nous allions faire pour nous approvisionner, la dame à qui nous nous adressions a pris pitié de nous et nous a invité chez elle. La nuit allait être très froide et elle ne voulait pas nous laisser dormir en tente. Comme d'hab très bonne soirée avec Olga qui travaille ici pour la météo, sa fille Jénia, son beau-fils Stas et le voisin Viktor. Pour la suite nous voulions partir en trekking au Kirghizistan, ce que Olga nous a fortement déconseillé vu notre cas (pas de visa kirghiz). Elle nous a proposé d'occuper un refuge de montagne que elle et ses collègues utilisent, dans une vallée adjacente beaucoup plus tranquille.

Olga notre petite Maman kazakhe, débordante de gentillesse


Quelques jours plus tard nous sommes donc remontés au lac, en stop cette fois, puis nous avons marché jusqu'au refuge. Après une première nuit à la belle étoile en route nous avons atteint le refuge, logé dans un cirque rocheux à plus de 3000 mètres, et entouré de très hauts sommets enneigés.




Nous avons passé deux jours ici, à nous balader à la rencontre des hôtes de ces montagnes. Une fois la limite altitudinale des forêts passée, la faune change encore. On découvre alors les accenteurs de l'Himalaya, les vols de roselins de Hodgson, les rougequeue de Güldenstadt et rougequeue noir semirufus, et les splendides tétraogalles de l'Himalaya qui nous ont gratifié d'un concert magique. On a aussi eu le droit à quelques observations d'hermine et de marmottes (de l'Himalaya ou des steppes ?).

Accenteur de l'Himalaya


Rougequeue de Güldenstadt


Hermine


Quelques images de la montagne...


 



La redescente vers Almaty a été assez difficile, d'abord à cause de l'alternance orage soleil pluie, puis parce que nous ne connaissions pas le chemin. On s'est faits quelques frayeurs sur les pentes abruptes et en suivant les torrents dans les goulets qu'ils creusent, mais nous avons trouvé notre chemin et sommes arrivés à Almaty puants et contents.


Le retour en France s'est effectué en avion, non sans une dernière difficulté, celle de faire passer les vélos dans l'avion. Tout était normalement prévu avec notre compagnie aérienne, mais apparemment les kazakhs d'Air Baltic n'étaient pas au courant. Le mec a fait charger les vélos après avoir demandé 140 euros pour sa poche, ce qui est le prix que l'on devait normalement payer. Forcément on a négocié. Si on doit payer sous la table, alors on paiera moins cher. C'est ce qu'on a fait, mais jusqu'au moment de récupérer nos biens sur le tapis roulant de l'aéroport à Paris, nous ne savions pas si nos vélos avaient ou non été chargés. On ne faisait pas les malins ! Après plus de 5000 km, on ne considère plus nos montures comme des vélos mais plutôt comme nos femmes. Et nos femmes sont bien arrivées, et nous revoilà en France !

Le Kazakhstan nous a vraiment marqué, par la grandeur et la beauté du pays, par ses richesses et sa culture, par la gentillesse des gens. Ce n'est pas impossible que l'on y retourne l'un ou l'autre dans un futur plus ou moins proche. Dasvidania Kazakhstan !

Par les cyclopotos
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Samedi 30 août 2008 6 30 /08 /Août /2008 01:08

Nous sommes partis un jour de chez nous pour prendre un train, le vélo empaqueté sous le bras. Nous avions un rêve en tête : rejoindre le Kazakhstan, et aller jusqu'à Almaty, aux pieds des Tian Shan. Ca remonte à trois mois et demi déjà, et nous voilà en train de pédaler dans la banlieue d'Almaty, 5300 kilomètres dans les cuisses, comme si de rien n'était. Le but est atteint, mais on ne s'en rend pas compte. Nous avons tellement espéré et donné pour arriver ici qu'y être paraît impossible. En fait, c'est surtout le fait de se rendre compte qu'Almata n'a rien de plus que toutes les autres villes que l'on a traversées pendant le voyage qui nous perturbe. C'était notre but, notre étoile inaccessible ! Après tous ces efforts, on est en droit de s'attendre à quelquechose d'extraordinaire, pas juste à une ville kazakhe plus grosse que les autres, non ? Non.
On a donc posé les vélos, et après un mois et demi passé a pédaler dans la steppe, on a décidé de profiter des 15 derniers jours qui nous restaient avant de prendre l'avion entre la montagne et la ville, qui a quand même beaucoup d'attraits. Beaucoup de sites aux environs de la ville sont très intéressants, que ce soit ornithologiquement, culturellement ou pour la diversité des paysages, mais on ne peut pas tous les faire. On se concentre sur la montagne et la ville, et on reviendra pour voir le reste. Bon programme.


Almaty est depuis 10 ans l'ancienne capitale du Kazakhstan. C'est le centre culturel et la plus grosse ville du pays avec ses 1,3 millions d'habitants. La concentration de touristes y est incomparable avec ce que l'on a vu jusque là. La vie est chère, et ça flambe en ville ! Les kazakhs sont très consommateurs, et Almaty est la ville où l'on voit ce qui se fait de mieux (pire ?) à ce niveau là. Les 4x4 classes y pullulent, à un point inimaginable pour les français. C'est aussi le royaume de la limousine, moyen de locomotion préféré des mariés. Comble de la dérive, on trouve à Almaty le Hummer limousine. Cet engin monstrueux créé à l'origine pour l'armée américaine existe ici en version limousine !!!


La ville est agréable, bien arborée, et compte bon nombre de parcs. Dans l'un d'eux se trouve le monument soviétique qui nous a le plus impressionés, le très expressif Mémorial de la Victoire, dédié aux soldats kazakhs ayant défendu Moscou lors de la deuxième guerre mondiale.


La circulation en ville est un condensé de tout ce à quoi nous avons eu le droit sur la route jusque là. Il nous a fallu un petit temps d'adaptation pour acquérir les bases nécessaires à la survie de tout cycliste européen au milieu du flux de véhicules d'Almaty. Au milieu de ce flux, d'ailleurs, il arrive de voir une voiture en panne, que son conducteur répare en plein milieu de la route.


Les rencontres ont encore été très nombreuses dans Almata, soit grâce à nos vélos, soit grâce à notre look. Les kazakhs sont assez soignés, et font bien attention à ne pas avoir de tâches sur le pantalon par exemple. Avec nos dégaînes et nos vêtements cumulant les tâches depuis 4 mois, on ne passe pas inaperçu ! La curiosité des kazakhs faisait le reste.
Nous avons fait une des plus belles rencontres du voyage dès le premier jour, devant une librairie. Vincent est belge, et bosse à Almaty aux Nations Unies. Nous avons passé des soirées terribles chez lui à philosopher sur la biologie, et à rigoler des histoires des uns des autres. Par deux fois nous avons mis le feu aux pistes de danse des nights-clubs, ils ne nous oublieront pas de sitôt !


Par les cyclopotos
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Dimanche 17 août 2008 7 17 /08 /Août /2008 11:58

Dernière ligne droite avant le but, la pression monte ! Premier constat, on est bel et bien arrivés au pied des Tian Shan, et ça fait vraiment plaisir. Au milieu de la steppe se dresse cette chaîne de montagnes, qu'on va longer jusqu'à Almata, l'ancienne capitale du pays.

D'un côté de la route on a de beaux paysages vallonnés...

arbre-steppe
et de l'autre la montagne.

noryspottetienshan
tienschan  
Et partout des oiseaux...

la très belle Bergeronnette masquée

bergemasquee
Bergeronnette citrine

bergecitrine
et toujours du Coucou, avec cet oiseau de l'année

croucrouc
Une courte escale a Taraz aura été l'occasion de faire une rencontre marrante : l'équipe de foot féminine des 13-16 ans de la ville d'Oural, championne du Kazakhstan en titre !
Entre sportifs on a bien rigolé, et on a pu apprécier la performance sportive des uns des autres.

footkz

On a croisé deux espagnols super sympa qui font un rallye automobile dans une vieille renault 4L, jusqu'à Ulan-Bathor en Mongolie. Ils nous ont appris qu'il vaut mieux ne pas voyager en véhicule étranger ici. Leur vision du Kazakhstan est totalement différente de la notre, ils se font harceler pour de l'argent à longueur de temps, pour n'importe quoi.
Alors on apprecie nos contrôles de police, toujours aussi loufoques :

police
Un truc génial dans ce pays, qui nous sauve la vie : la pastèque. C'est grâce a ça qu'on avance maintenant. Moins d'un euro la bonne pastèque de 10 kg, et excellente. On trouve des vendeurs tout le long de la route, comme ici chez un jeune kirghiz.

pastq
On a nettement accéléré l'allure, pour arriver aussi vite que possible à Almata. On a fait 1000 bornes en 13 jours, ce qui nous fait passer la barre des 5000 ! Ça n'a pas été de tout repos, car la malédiction de la roue arrière a encore frappé Nory. 2 crevaisons en 2 jours, et 3 rayons cassés côté dérailleur. Bien évidemment nous n'avons pas de rayons de rechange pour cette roue achetée en Ukraine. A moins de 250 bornes d'Almata, c'est rageant.
Nous avons pu repartir grâce a une rencontre encore, celle de Janat qui nous a invité chez ses parents. Sa famille géniale nous a hébergés un peu moins d'une journée, le temps de reprendre des forces aussi. A ce niveau là on a été servis. On mangeait tellement qu'à la fin de chaque repas il était dur de se lever (véridique !). Beaucoup de familles ont très peu de moyens, mais le plaisir de recevoir passe avant tout ici.

janat
Mention spéciale pour cette famille et pour la babouchka qui ne parlait que le kazakh, mais qui en imposait.
Côté réparations, on a adopté le "kazakh system". On a remplacé les rayons cassés par des rayons de taille plus longue, tordus au bout pour pouvoir adapter à la bonne taille.


Ça a tenu 200 km, puis 4 autres rayons ont cassé, toujours côté dérailleur... Les rayons réparés à la kazakhe n'ont pas bougé. Les 50 derniers kilomètres ont été faits en l'état, et ça a tenu. Nous voilà donc à Almata pour nos 15 derniers jours de voyage, avec des vélos fatigués.

Par les cyclopotos
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Jeudi 7 août 2008 4 07 /08 /Août /2008 09:30

A Kyzylorda nous avons donc été très bien accueillis par Uljhan et sa famille. Ça fait toujours du bien après plusieurs jours de désert d'atterrir dans un foyer et d'y être pouponnés. Au programme de la soirée sauna-douche-piscine, puis repas avec toute la famille, suivi d'une session internet à minuit dans un cyber-café qui ferme à 19h00.

La notion de famille est très différente ici. Les gens se marient très jeunes, ont beaucoup d'enfants, et plusieurs générations vivent sous le même toit. Quand nous avons mange avec toute la famille, étaient présents la babouchka (grand-mère), trois ou quatre de ses filles et un fils ainsi que tous leurs enfants, avec qui on a comme a chaque fois pris la traditionnelle photo (beaucoup de filles !).


  --> On a passé les 4000 bornes !

Après cette pause très agréable nous revoilà dans le désert pour aller a Turkestan, ville "étape culture" pour nous. On veut y visiter un mausolée, réputé plus beau monument du Kazakhstan. Les 3 jours de vélo qui nous séparent de Turkestan ont été les plus chauds. On se levait très tôt pour échapper à la chaleur, et on faisait une pause de 6 ou 7 heures aux heures les plus chaudes, dans les cafés.


A notre arrivée à Turkestan, moins de 5 minutes après s'être installés pour manger et déguster une bonne pression bien méritée, nous avons été accostés par Nourik. Après nous avoir gavés comme des oies il nous a invités chez lui, pour passer la nuit dans sa famille et nous guider le lendemain en ville.
On a passé de très grands moments dans cette ville, comme une soiree en night-club kazakh, ou voir son fils de 7 ans enchaîner les bières de son père et danser comme un diable, mais une chose a été vraiment marquante, au point d'en oublier les autres. Chez Nourik il y avait au mur deux cadres. L'un d'eux contenait deux photos d'un boxeur a l'air serein et au visage juvénile. Sur l'une des photos on le voyait avec une médaille autour du cou. En rentrant dans la piece Nourik nous a montré le cadre tout de suite et nous a presenté le boxeur comme son frère, champion olympique de boxe. On a demandé des précisions a Joni, un jeune qui nous accompagnait et qui parlait anglais. Il nous a répondu avec fierté et respect dans la voix "Son frère Beksat Sattarkhanov, champion olympique de boxe, mort a 20 ans dans un accident de voiture". Douche froide ! On s'est renseignés par la suite, le frère a été sacré champion des poids plume à Sydney en 2000, et est mort quelques mois plus tard la nuit du nouvel an. Le hasard a fait qu'une centaine de kilomètres plus loin, on soit passés devant la pierre commémorative posée à l'endroit où a eu lieu son accident. C'est comme ça ici. Les gens roulent comme des tarés, et quand quelqu'un meurt dans un accident on lui pose une belle pierre qui porte une belle gravure de son visage...


On a eu l'occasion de monter en voiture plusieurs fois avec des kazakhs. Les voitures sont lancées a fond sur les lignes droites plus ou moins larges, puis quand on croise une voiture on retient son souffle, puis on se dit "ça passe...". Les conducteurs sont aussi plus ou moins bourrés, mais on a appris récemment par un copain belge vivant au Kazakhstan que la police veille. Leur alcootest est assez particulier. Tu fais un "puits" avec tes mains, tu prends une carte d'un jeu de carte banal, que tu coinces dans ta main et tu souffles. Le policier prends la carte et la renifle, si elle sent l'alcool on t'emmène faire une piqûre !!! Les vendeurs de pierres tombales s'en frottent les mains !


En sortant de Turkestan nous avons passé une nuit dans un champ de coton près d'un camp ouzbek. Plusieurs familles vivaient de la culture de melons et pastèques, graines de tournesol et de l'élevage. Ils méritent leur petite place ici, car de tous les gens qui nous offrent de quoi manger ou boire à emporter, ils auront été les plus forts. 10 bons gros melons, 2 pains faits maison ouzbeks, un bon pochon de graines de tournesols, et en plus on a refusé la pastèque. On leur a expliqué qu'on n'avait pas de place sur les vélos, ça n'y a rien changé.
Nory avec les hommes :


Quand on traverse un village, il n'est pas rare qu'un cortège de gamins nous escorte avec les moyens du bord. Ils nous accompagnent jusqu'à la sortie du village avant de nous souhaiter bonne route.

gamoinsane

Un grand souvenir aussi, l'arrivée dans l'hôtel a Chimkent ! Hôtel bon marché mais classe, dont l'entrée est dans une galerie marchande, elle aussi classe. On a adoré traverser la galerie en tenue de combat, tous pouilleux et puants qu'on était, puis déballer tous les sacs au milieu de tout le monde.

galerie

Plus on avance maintenant, plus les espèces d'oiseaux deviennent exotiques. Avant Chimkent, les bords de route sont beaucoup plus irrigués pour les cultures, et nous découvrons de nouvelles espèces comme les superbes pies-grièches isabelles et pies-grièches a longue queue. Les rapaces sont surtout representés par les faucons hobereaux très présents et par quelques éperviers a pieds courts.

Pie-grièche isabelle

pgisabelle

Faucon hobereau

hobby
Epervier à pieds courts shikra


et le Rollier d'Europe toujours aussi présent

rollier

Par les cyclopotos
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Mercredi 30 juillet 2008 3 30 /07 /Juil /2008 09:44

Aral est une ville dont on a entendu parler depuis très longtemps à cause de l’assèchement de la mer d’Aral par les soviets. On voulait vraiment voir ce à quoi cela pouvait ressembler en vrai. On a donc visité le port de la ville, avec ses quais abandonnés où trônent les grues et les bateaux rouillés. De la mer il ne reste plus qu’un petit plan d’eau dans le port.


La mer s’est retirée a 70 kilomètres, et des sommes considérables ont été dépensées pour essayer de maintenir ce qu’il en reste. Aujourd’hui la mer est scindée en deux, et la partie nord, la petite Aral, regagne de son volume grâce a la construction d’une digue, pendant que la partie sud est condamnée a une lente évaporation.
Dans ce décor digne de Counter Strike nous nous sommes régalés ornithologiquement. Parmi les dix espèces de limicoles présentes se trouvaient des centaines de phalaropes a bec étroit, et notre première bargette de Terek entre autres. Rajoutez a cela guifettes leucoptères, goélands railleurs, grèbe esclavon et ça fait un tableau pas mal du tout.

Nous avons rencontré en ville Marhabat, étudiante brillante, qui nous a invité dans sa famille pour la nuit. Avec elle on a eu l’occasion de visiter le musée de la ville, ça nous a change. Encore une super famille avec qui on a partagé de très bons moments. Marhabat est une personne très ouverte sur le monde, avec qui on a discuté facilement de sujets qui sont plus sensibles que d'autres, comme l'athéisme par exemple. Elle accueille chez ses parents beaucoup de touristes, et ça lui donne des ailes.


Nous n’avons pas été voir la mer, faute de temps et faute aux 80 km de piste qui nous séparaient d’elles, ce sera pour une autre fois.

Nous avons donc repris la route (enfin de l’asphalte) pour rejoindre la ville de Kyzylorda, où nous espérions rencontrer une famille dont nous avions le contact.
Pendant le trajet nous avons pu observer une colonie de vanneaux a queue blanche dans une zone humide, et dans les déserts nos premières fauvettes naines, ainsi que des groupes de milliers de gangas catas. Depuis notre entrée au Kazakhstan, un des oiseaux que l’on croise le plus souvent est le bruant à tête rousse. Notre route a rejoint le cours du Syr Daria, où nous avons apprécié faire trempette un après-midi, et se reposer a l'ombre d'arbres où se baladaient les hypolaïs ramas.

Vanneau a queue blanche


Bruant à tête rousse (femelle)

bruant-tr

A notre arrivée à Kyzylorda nous avons été surpris par la chaleur qui a encore monté d'un cran. Le thermomètre dépasse les 50 degrés ici. Dur dur...
Notre mission, une fois arrivés en ville, a été de trouver Uljhan. C'est une femme kazakhe, mariée a Rémi, un français que Nory a rencontré et grâce à qui nous avons le contact. Pour la rejoindre nous nous sommes rendus devant un magasin près de chez elle, et comme d'habitude beaucoup de personnes nous ont accostés. Une bande de 7 ou 8 enfants de 6 à 12 ans sont venus nous parler, ils hallucinaient de voir deux touristes (le touriste est rare ici), a vélo, faire des milliers de kilomètres et baragouinant le russe. Après 10 minutes de discussion ils se sont cotisés pour nous offrir un billet de 200 Tenge (un peu plus d'un euro, l'équivalent de deux pains ici) pour nous aider dans notre voyage. Incroyable, impossible de refuser en plus. On avait trop honte, on dépouille des gamins...

Uljhan est ensuite arrivée et nous a invités chez elle. Son frère Joldas nous a pris en main pour la soirée, quelques détails de notre dure (sur)vie au prochain épisode.

Par les cyclopotos
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Mercredi 30 juillet 2008 3 30 /07 /Juil /2008 09:13

Notre destination après Atyrau était la ville d’Aral, et la mer du même nom. Pour cela il a fallu traverser 1100 km de steppes. Nous en avons fait une partie à vélo et l’autre en stop. Faire du stop a deux avec deux vélos chargés de bagages, c’est assez marrant. Mieux vaut être au Kazakhstan. La première fois il nous a fallu moins de 5 minutes pour être pris par un père et ses deux fils, qui nous ont emmenés de Dossor a Quandiagash. Nous avons été installés a l’arrière de la fourgonnette avec les vélos pour les 500 km de voyage. La piste que l’on a empruntée était complètement défoncée. Pendant les 12 heures qu’a duré le voyage nous avons ressenti au plus profond de nous même chaque bosse et chaque ornière. Un vrai match de boxe. A chaque pause le père venait ouvrir la bâche de la fourgonnette pour voir si, sous la couche de poussière qui nous recouvrait, nous étions toujours en un seul morceau.


Dès que l’on s’est faits débarquer nous avons repris la piste, a vélo cette fois. La zone que l’on a traversé était désertique, sans un seul arbre, et le soleil y cognait fort. Faut dire que dans ce pays, la période la plus chaude de l’année s’étend entre juillet et la mi-août, et notre séjour est pile-poil dedans. Bien joué encore une fois les cyclopotos ! Les heures chaudes de la journée sont entre 9h00 et 17h00, normal. Les quelques villages situés sur notre route sont distants de 50 km parfois, mieux vaut être organisés pour ne pas se retrouver en manque d’eau.


Dans ces villages construits au milieu de nulle part les ambiances sont toujours aussi particulières. Comme des villages fantômes, avec très peu d’activité, et sans âme.


La steppe est de manière générale très plate, et quand il y a du relief on l’apprécie, comme cette zone de toute petite montagne que l’on a traversée sur quelques kilomètres.


Le Kazakhstan nous marque aussi par le fait que dans ce pays les nuages sont particulièrement jolis. Les vastes étendues y sont sûrement pour quelquechose.


La steppe à vélo c’est chouette, mais éprouvant physiquement. Les rares véhicules que l’on croise s’arrêtent parfois pour nous apporter leur soutien, comme la fois ou une famille nous a laissé une bouteille de koumis toute fraîche… Cette boisson locale est composée de lait de jument fermenté. C'est pas vraiment un cadeau. Tu en bois une ou deux gorgées en tirant la grimace et ton ventre en prend un coup pendant plusieurs jours.

koumis
Il y a aussi nos potes les camions russes Kamaz, qui a chacun de leurs passages nous ensevelissent sous un nuage de poussière en nous défonçant les tympans a coups de klaxons pour nous souhaiter bonne chance. On en redemande...


La rencontre qui nous a le plus marqués sur cette portion de steppe est celle d’Amyr, 27 ans. Un soir, alors que nous pédalions, une voiture s’est arrêtée devant nous, et Amyr et un de ses potes en sont sortis. Amyr venait juste d’être papa pour la deuxième fois, et il voulait fêter cela avec nous. Sur le bord de la route nous avons donc terminé sa bouteille de vodka en dégustant pastèque et melon. Le lendemain nous l’avons rejoint dans sa ville, Emba, pour une journée de repos bien méritée.



Pour rejoindre Aral nous avons refait du stop. Le désert c’est sympa, mais on a beaucoup d’autres choses a voir et Almaty, notre but, est encore loin. Cette fois il a fallu plus de temps avant d’être embarqués, mais ça a valu le coup d’attendre.

stopshalkar

Nous avons pu réaliser le rêve de tout auto stoppeur, monter dans un Kamaz. Sacrée expérience. Ça passe partout ces engins-la. On s’est fait une piste au milieu du désert, magnifique par les paysages et par les milliers d’alouettes vues, avec beaucoup d’alouettes nègres notamment.



On ne peut pas faire un trajet en Kamaz sans avoir au moins une panne, pour nous ça a été le pneu crevé. C'est comme changer une chambre à air de vélo, mais faut être un peu plus outillé et patient.

kamaz1-copie-1


Par les cyclopotos
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Mardi 29 juillet 2008 2 29 /07 /Juil /2008 09:45

Depuis Atyrau nous sommes partis vers le sud pour aller voir la Mer Caspienne, en longeant l'Oural jusqu'à son delta. Après 30 km de pistes pourries (ni la première ni la dernière fois), nous nous sommes arrêtés au paradis... des moustiques et de leurs potes les taons. Incroyable ! Les moustiques kazakhs sont des monstres. Ils sont aussi nombreux qu'agressifs, et leur piqûre est douloureuse. Notre première nuit a été épique, et le lendemain nous avons essayé de pousser jusqu'à la mer par une "piste", mais nous avons du rebrousser chemin a 2 kilomètres du but à cause de soldats qui en voulaient à nos biens (rien de méchant).
Nous en avons donc profité pour revenir a l'entrée des marais, pour se gaver d'oiseaux. Les concentrations de coucous étaient impressionnantes, avec 5-6 oiseaux tous les 100 mètres.

Le clou du spectacle a été le ballet offert par les oiseaux en migration active, qui longeaient les marais pour se diriger vers la mer. Nous avons spotté une heure pour concurrencer les copains qui ouvrent le camp de migration d'Organbi. Pas terrible en rapaces, par contre en laridés et limicoles ça envoie du poney ! 1400 guifettes leucoptères en flux quasi-continu, 300 combattants et ensuite un peu de tout a l'unité ou en petits nombres : chevaliers stagnatiles et arlequins, notre premier vanneau a queue blanche, barges a queue noire,... Sympa.

Le deuxième soir nous avons été hébergés dans un petit village de pêcheurs, loin des moustiques et toujours aussi près des oiseaux.


Depuis le seuil de la maison on pouvait observer les goélands ichtyaètes et pontiques survoler l'Oural. L'accueil au Kazakhstan est royal. Ça commence toujours par du thé accompagné de nourriture, et ça continue de la même façon. Hospitalité rime avec nourriture ici.
Les kazakhs apprécient beaucoup les souvenirs, et malheureusement nous n'en avons pas emmené beaucoup, volume des bagages oblige. Je me suis donc fait envoyer un colis plein de bons saucissons français a partager avec les familles qui nous accueillent sur la route en Ukraine. Le Kazakhstan est un pays musulman, ils ne mangent pas de porc... Bien joué !

Sur le retour vers Atyrau nous avons observé nos premières colonies de guêpiers de Perse.
guepiersdeperse

Et de retour a Atyrau nous avons franchi l'Oural une fois pour de bon, nous sommes désormais en Asie.

asia

Par les cyclopotos
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