Notre destination après Atyrau etait la ville d’Aral, et la mer du meme nom. Pour
cela il a fallu traverser 1100 km de steppes. Nous en avons fait une partie a velo et l’autre en stop. Faire du stop a deux avec deux velos charges de bagages, c’est assez marrant. Mieux vaut
etre au Kazakhstan. La premiere fois il nous a fallu moins de 5 minutes pour etre pris par un pere et ses deux fils, qui nous ont emmenes de Dossor a Quandiagash. Nous avons ete installes a
l’arriere de la fourgonette avec les velos pour les 500 km de voyage. La piste que l’on a empruntee etait completement defoncee. Pendant les 12 heures qu’a dure le voyage nous avons ressenti au
plus profond de nous meme chaque bosse et chaque orniere. Un vrai match de boxe. A chaque pause le pere venait ouvrir la bache de la fourgonette pour voir si, sous la couche de poussiere qui nous
recouvrait, nous etions toujours en un seul morceau.
Des que l’on s’est faits debarquer nous avons repris la piste, a velo cette fois. La zone que l’on a traverse etait desertique, sans un seul arbre, et le soleil y cognait fort. Faut dire que dans
ce pays, la periode la plus chaude de l’anne s’etend entre juillet et la mi-aout, et notre sejour est pile-poil dedans. Bien joue encore une fois les cyclopotos ! Les heures chaudes de la journee
sont entre 9h00 et 17h00, normal. Les quelques villages situes sur notre route sont distants de 50 km parfois, mieux vaut etre organises pour ne pas se retrouver en manque d’eau.
Dans ces villages construits au milieu de nulle part les ambiances sont toujours aussi particulieres. Comme des villages fantomes, avec tres peu d’activite, et sans ame.
La steppe est de maniere generale tres plate, et quand il y a du relief on l’apprecie, comme cette zone de toute petite montagne que l’on a traverse sur quelques kilometres.
Le Kazakhstan nous marque aussi par le fait que dans ce pays les nuages sont particulierement jolis. Les vastes etendues y sont surement pour quelquechose.
La steppe a velo c’est chouette, mais eprouvant physiquement. Les rares vehicules que l’on croise s’arretent parfois pour nous apporter leur soutien, comme la fois ou une famille nous a laisse
une bouteille de koumis toute fraiche… Cette boisson locale est composee de lait de jument fermente. C'est pas vraiment un cadeau. Tu en bois une ou deux gorgees en tirant la
grimace et ton ventre en prend un coup pendant plusieurs jours.
Il y a aussi nos potes les camions russes Kamaz, qui a chacuns de leurs passages nous ensevelissent sous un nuage de poussiere en nous defoncant les tympans a coups de klaxons pour nous souhaiter
bonne chance. On en redemande...
La rencontre qui nous a le plus marque sur cette portion de steppe est celle d’Amyr, 27 ans. Un soir alors que nous pedalions une voiture s’est arretee devant nous, et Amyr et un de ses potes en
sont sortis. Amyr venait juste d’etre papa pour la deuxieme fois, et il voulait feter cela avec nous. Sur le bord de la route nous avons donc termine sa bouteille de vodka en degustant pasteque
et melon. Le lendemain nous l’avons rejoint dans sa ville, Emba, pour une journee de repos bien meritee.
Pour rejoinder Aral nous avons refait du stop. Le desert c’est sympa, mais on a beaucoup d’autres choses a voir et Almaty, notre but, est encore loin. Cette fois il a fallu plus de temps avant
d’etre embarques, mais ca a valu le coup d’attendre.
Nous avons pu realiser le reve de tout autostoppeur, monter dans un Kamaz. Sacree experience. Ca passe partout ces engins-la. On s’est fait une piste au milieu du desert, magnifique par les
paysages et par les milliers d’alouettes vues, avec beaucoup d’alouettes negres notamment.
On ne peut pas faire un trajet en Kamaz sans avoir au moins une panne, pour nous ca a ete le pneu creve. C'est comme changer une chambre a air de velo, mais faut etre un peu plus outille et
patient.